Nos doigts entrelacés, mes yeux te regardent, mais ton regard fuit sur le trottoir d'en face. Les pavés sous nos pieds sont froids et durs, un peu comme ton coeur ces derniers temps. Tu vas mal. Je ne vais pas mieux. J'espère. En silence. Je veux t'aider, je veux le pouvoir. Je te veux toi. La nature de mes sentiments t'as toujours effrayé, même quand tu étais sur de toi. Mais dans un couple, il y a toujours l'un qui aime plus que l'autre, il y a toujours le lien, il y a toujours la force de celui-ci. Parfois il y a le gouffre. Parfois on le surpasse. Je veux surpasser le nôtre. Mon coeur voudrait que tu le lises, que le tiens s'y mêle, et dans un torrent de pensées et de troubles, se rassure et s'atendrisse. Tu me rends complète. Quoi qu'en dise le monde, quoi qu'en pense les Autres, ta présence me réchauffe toujours un peu plus. J'ai cette facilité avec les mots que pourtant je perd quand il s'agit de te parler. J'ai peur. Une peur irritante, une peur incessante. Celle de te perdre. Celle de te voir partir, loin, et sans moi. Peur que tu te détaches, que tu m'abandonnes. J'ai le souffle court, et il m'arrive de paniquer. Respirer devient difficile, presque impossible. Ce geste automatique devient un geste forcé. Me rappeler d'inspirer. D'expirer. Et je t'aime toujours. Mains dans la main, mon coeur bat tellement fort que la vague s'étend à mes tempes, aux poignets, dans mon cou et mes chevilles. Partout mon corps résonne à l'unisson. Ne pars pas. Crois en toi, en nous. J'ai confiance en toi, ton jugement, tes doutes. J'aime que tu soit doux, maladroit, et un peu dur quand il le faut. Je voudrais avoir une vraie place dans ta vie, sans rester en retrait dans ton monde d'avant. Je veux passer dans le monde d'après. Faire partie de ton présent, de ton futur. Je veux te revoir sourire sincèrement et sereinement, comme avant. Recréer un environnement chaleureux, intime. Un cocon. Entendre tes "mon coeur","mon doudou","mon amour". Entendre "mon ange". Encore, le lire sur tes lèvres. Encore savourer le son de ta voix quand tu me disais tout bas ... Je t'aime. T'imaginer ailleurs, avec une Autre est tellement douloureux. Je t'imagine, et je ressens ... ton indifférence. Je ferais tout pour éviter ça. Je me battrais pour nous, je nous défendrais. Je t'apprendrais à retrouver tes sentiments, quitte à prendre notre temps. Je te montrerais comment on embrase les lèvres quand on adore. Comment prendre une main, comment effleurer la nuque et faire comprendre ce que l'on ressens simplement en frôlant une épaule, une joue. Embrasser ta paume. Dans cette rue, je t'arrete. tu me fais face, le regard troublé. Tu te demandes sûrement pourquoi nous nous arretons, et pourquoi mon regard est si triste est si intense à la fois. Ma bouche laisse passer ce mince flet d'oxygène, ma main lâche la tienne pour se loger dans ta nuque. Des mots s'échappent de ma gorge. Je recommencerais tant qu'il faudra pour retrouver ton amour. Je serais forte pour nous deux. Je ne partirais pas. J'ai besoin, j'ai envie de toi, de ta présence. Laisses moi simplement t'aimer et t'apporter ce que je peux encore t'apporter. Tes yeux me désarment. Je les affronte. Je sais te parler. Je sais encore te toucher. Et nos visages sont proches, et nos lèvres se frôlent, puis se cherchent. Tu veux du temps pour réfléchir, et tu me souris. Ton train est là. Je te regarde t'éloigner. Ma peur s'emplifie, mes doutes réapparaissent et tu prends le temps de me rassurer. Chacun de tes appels me remet d'applomb. Reviens moi. Je t'attendrais, avec ce trou béant à la place des organes. J'attendrais que tu viennes le remplir, et le refermer de tes mains douces. J'aimerais pouvoir le faire a ta place. Mais il n'y a que toi qui puisse vivre pour toi. Il n'y a que toi. Ne nous laisse pas fâner. Restes miens, recommencer...
